Revue québécoise
en études sur la mort
Exemples de mots clefs

Surtout,
ne pas souffrir

Volume 17, numéro 2
Printemps 2005
Numéros (liste complète)
De l'Éternité @ l'Internité

De l'Éternité @ l'Internité

Anne Létourneau, assistante à la rédaction

DOULEUR, MÉDECINE ET PSYCHOLOGIE

http://www.john-libbey-eurotext.fr/fr/index.md
Le site John Libbey Eurotext comporte une excellente base de données sur la douleur. En effet, ce sont plusieurs centaines d'articles de revues et d'ouvrages parus au cours des huit dernières années qui apparaissent à la suite de l'inscription du mot « douleur » dans le moteur de recherche. Nombre d'articles issus des revues de médecine ou de psychologie telles que Information Psychiatrique, Bulletin du Cancer, Médecine thérapeutique et Psychologie et Neuropsychiatrie du vieillissement figurent parmi les résultats. Si ceux-ci ne sont pas toujours accessibles gratuitement dans leur intégralité, il est néanmoins possible, le plus souvent, d'en consulter le résumé en français et parfois même en anglais. La douleur y est abordée sous une multitude de facettes qu'il s'agisse de la question du traitement, de la spécificité du symptôme et de la maladie, de la tranche d'âge touchée, etc.

http://www.observatoiredeladouleur.com/
Le site de l'Observatoire de la douleur ou Portail Internet de la douleur (Nanterre), dont l'objectif premier est la diffusion de l'information la plus actuelle dans le domaine de la douleur, s'adresse uniquement aux professionnels de la santé. Ceux-ci peuvent accéder à une mine d'informations par le biais de l'onglet Inscription. Cette inscription permet non seulement la consultation des numéros du Journal de la douleur, mais aussi du « dictionnaire des médicaments antalgiques », d'un dossier portant sur les nouvelles techno logies dans le cadre de la lutte contre la douleur (« Matériel »), du « Douleur-infos TV » auquel participent moult médecins spécialistes, d'une librairie virtuelle, etc. Bref, on peut déplorer que seuls les travailleurs du domaine de la santé aient accès à ce réseau informationnel, mais n'empêche que s'y profile une richesse considérable.

http://www.iasp-pain.org/
International Association for the Study of Pain (IASP) est une organisation non gouvernementale, liée à l'OMS et au fondement duquel se trouve une approche multidisciplinaire. Les professionnels de la santé de plus d'une centaine de pays sont les principaux membres de cette association dont l'objectif premier est d'atténuer le plus possible la douleur par le biais de la recherche et d'une adéquation toujours plus grande des soins aux besoins des patients. L'onglet Subject Index permet d'accéder à une panoplie d'éléments de définitions, à des bulletins d'informations Clinical Updates sur la douleur telle qu'elle se présente dans divers domaines comme la pédiatrie, l'oncologie, l'acupuncture, mais aussi sa considération d'un point de vue éthique, la question de la médication (opioïdes), etc. L'onglet Publications, quant à lui, mène l'internaute non seulement aux résumés des articles de la revue Pain, et aux articles intégraux pour les membres, mais aussi au sous-onglet Books, soit une bibliographie de tous les titres disponibles chez IASP Press ainsi que de quelques autres ouvrages. De plus, ce même onglet Publications contient l'onglet Pain Definitions, section dans laquelle se trouve entre autres une définition très intéressante du mot « pain », qui est sensorialité, mais non sans implication subjective. Une liste des autres revues scientifiques portant sur la douleur y est aussi disponible. Le site d'IASP foisonne donc d'informations pertinentes pour les soignants comme pour les soignés.

http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2000/ mag1208/dossier/sa_3200_douleur_niv2.htm
Le site Internet Doctissimo.fr dispose aussi de ressources intéressantes en ce qui a trait à la douleur. En effet, il s'y trouve un dossier spécial intitulé « Ne plus ignorer la douleur ». Il est constitué d'une dizaines d'articles écrits par des médecins et portant sur différentes dimensions de la prise en charge de la douleur : l'histoire de son émergence (« La douleur n'est pas une fatalité »), la reconnaissance toute récente de la douleur chez les enfants (« Enfants : la fin des larmes »), le plan antidouleur de Kouchner mis en place en 1998 et reconduit jusqu'en 2005 (« Plan antidouleur : un bilan mitigé »), les innovations dans le domaine de la médication, les trois paliers de l'OMS (« Vaincre la souffrance »), etc. Il s'agit d'un site véritablement intéressant pour tous.

http://www.md.ucl.ac.be/loumed/CD/DATA/117/426-434.PDF
« Comment faire face aux intrications entre douleurs et états dépressifs ? », article écrit par P. Janne et al., paru d'abord dans le Louvain Med de 1998, le n? 117, aux pages 426-434, est maintenant accessible en ligne. Cet article se propose d'explorer les rapports qui s'établissent entre la douleur chronique et la dépression. À travers cette réflexion, les auteurs considèrent entre autres l'intéressant concept de « désespérance apprise » où la douleur est instituée comme seule et unique cause de tout vécu dépressif, celui-ci étant par là nié par l'individu en souffrance qui se trouve plongé dans le fatalisme. Cela n'empêche pourtant pas les chercheurs d'explorer le possible « renforcement mutuel » ayant lieu entre les deux réalités ainsi que les motifs de « chronification » de la douleur. Ceux-ci proposent par ailleurs une série de pistes quant à l'approche à adopter avec les patients dont la douleur chronique s'est doublée d'une dépression, aussi bien au niveau du suivi psychothérapique qu'en ce qui concerne la médication et les méthodes de relaxation. Les auteurs se prononcent aussi en faveur du retour graduel au travail de l'individu, l'activité étant un bon moyen de lutter contre la douleur ainsi que sa chronification. Cet article s'avère extrêmement complet avec ses définitions, la position des problèmes et ses diverses pistes de solutions ; c'est une référence que voudront sûrement consulter les professionnels de la santé intéressés par le sujet.

DOULEUR ET ENFANCE

http://www.pediadol.org/rubrique.php3?id_rubrique=100
Le site de Pédiadol qui se consacre exclusivement à la douleur de l'enfant est une excellente source d'informations. Ce site, conçu par des professionnels de la santé et qui s'adresse avant tout à leurs collègues, présente non seulement l'approche à privilégier avec les enfants, par le biais des onglets Recommandations et Évaluation, mais aussi beaucoup d'information sur des médicaments sous l'onglet Traitements ainsi que sur d'autres moyens de soulager la douleur tels que l'hypnose, la relaxation et le massage, sous l'onglet Non Pharmacologique. Tous ces onglets mènent à une panoplie de textes, articles, extraits de livres mais aussi fruits des colloques passés effectués dans le cadre de l'UNESCO et intitulés « La douleur de l'enfant. Quelles réponses ? ». Il en est de même de Situations cliniques qui s'ouvre, pour sa part, sur la description d'une série de situations où la douleur peut se fait sentir, les risques et les traitements possibles dans chaque cas. Cette avalanche d'informations culmine avec les onglets Bibliographie, où se trouve un moteur de recherche, la Médiathèque ainsi que les Textes et documents officiels. Un site incontournable.

DOULEUR ET SOINS PALLIATIFS

http://infodoc.inserm.fr/ethique/Ethique.nsf/.pdf
Le texte « Douleur, fin de vie et soins palliatifs » de Claire Ribau, doctorante en éthique médicale, et de Thierry Marmet, médecin, bien qu'il n'échappe pas à une certaine idéalisation des soins palliatifs et qu'un français parfois boiteux rende la lecture plus ou moins agréable, présente quelques points d'inté rêts sur la douleur. Les auteurs soulignent évidemment la centralité du traitement de la douleur dans les soins palliatifs. Le traitement de la douleur se trouve au coeur d'une dynamique visant à faire échec au désir d'euthanasie et à permettre une communication entre soignants et soignés, un accompagnement. Un aspect intéressant du texte de Ribau et Marmet est la présentation de la progression dans le temps de la législation médicale en ce qui concerne la prise en charge de la douleur et les soins palliatifs. Par ailleurs, la douleur en soins palliatifs est présentée comme un « phénomène polymorphe », en plusieurs composantes, nécessitant une perspective multidisciplinaire. Le concept de total pain, forgé par Cicely Saunders en 1967, est quelque peu abordé et la définition de l'IASP est fournie. Trois types de douleur sont identifiés et définis : douleurs par excès de nociception, douleurs neuropathiques d'origine périphérique et centrale et douleurs psychogènes. Un autre élément qui vaut le détour dans ce texte est la brève présentation des trois paliers de l'OMS quant à la législation internationale sur la question de la prescription d'antalgiques. Plusieurs définitions du concept « qualité de vie » sont aussi explorées et le texte se termine sur quelques brèves considérations éthiques et philosophiques avec Ricoeur et Levinas. Une approche plus critique aurait certainement été appréciée, de même que quelques explica tions quant au caractère synonymique de souffrance et douleur.

DOULEUR, SOUFFRANCE ET TRAVAIL

http://www.grieps.fr/fr/pdf_publications/actes %20du %20colloque %20B %20jacobi.pdf
Benjamin Jacobi, professeur de psychologie clinique et psychanalyste est à l’origine de ce texte sur les « Souffrances au travail » dans le cadre des Actes du colloque « Patients et soignants en souffrance. Souffrance des institutions », ayant eu lieu en 2001 à Lyon. Il définit la souffrance au travail comme « le résultat de l’amputation du pouvoir d’agir ». À partir de cette définition, il réfléchit sur la circulation et une certaine équivalence entre les termes de souffrance et de douleur, sur la délimitation du problème au niveau de la « composante narcissique » et il établit quelques pistes afin d’éliminer cette souffrance au travail. Cette dernière s’enracinerait dans la difficulté d’accomplir le travail et de s’accomplir au sein de celui-ci, dans une reconnaissance manquée, dans le rejet d’une certaine image de soi et dans une perte au niveau communicationnel lorsqu’il y a margi nalisation. Le propos de M. Jacobi aurait gagné à être davantage exemplifié, mais il demeure que la piste de la re-narcissisation semble féconde.

http://www.grieps.fr/fr/pdf_publications/actes_du_colloque_manciaux.pdf
« De la souffrance à la résilience. En quoi la résilience concerne- t-elle les soignants ? », texte écrit par Michel Manciaux, professeur de Pédiatrie sociale et de Santé publique à l’Université Henri-Poincarré de Nancy, fut produit dans le cadre du même colloque. Si la définition des concepts par laquelle s’amorce le texte est assez faible car peu élaboré, il demeure que la résilience constitue une piste de travail intéressante en ce qui a trait aussi bien à la souffrance des soignés que des soignants. Les quelques références à Primo Levi et à d’autres comme Ricoeur, enrichissent aussi le texte.

DOULEUR, SOUFFRANCE ET PHILOSOPHIE

http://www.philosophie-en-ligne.com
Dans le cadre du présent numéro, le site philosophie en ligne du professeur Jean-Pierre Lalloz s'avère tout à fait pertinent. En effet, l'onglet « Dits 2004-2005 » mène à une série de discours sur la souffrance et la douleur, correspondant respectivement à huit cours. Dans le premier d'entre eux sont abordées les questions de la souffrance et de la vérité, de l'horizon subjectif sur lequel ces deux réalités s'inscrivent et s'associent, mais aussi de la différence entre souffrance et douleur. Cette distinction ne se situe pas, selon Lalloz, sur le plan de l'opposition du physique et du moral, mais plutôt du fait que la souffrance est épreuve subjective d'un excès, d'un au-delà de la vie et du savoir, d'un non-sens alors que la douleur se joue sur le plan de la sensibilité et se voit associée au savoir, et non à la vérité. Pourtant, la rencontre et la coïncidence entre ces deux vécus demeurent possibles. Lalloz note par ailleurs la possible transformation de la souffrance en douleur lorsque le savoir fait trop de tentatives pour la cerner. Si les réflexions proposées dans le premier texte sont riches de leurs nuances et du maintien d'une certaine ambivalence au sein des définitions, elles auraient cependant gagné à être accompagnées des références bibliographiques appropriées rendant ainsi possible un approfondissement par le lecteur.

SANTÉ ET SCIENCES HUMAINES

http://www.amades.net/index.htm
Anthropologie médicale appliquée au développement et à la santé (AMADES) est une organisation qui a vu le jour en 1988, la propagation monstre du sida ayant motivé ses premières recherches. Son objectif est de promouvoir une meilleure compréhension des facteurs sociaux, culturels et ethniques, afin d’en arriver à une adaptation des soins aux différents milieux. AMADES vise par ailleurs à favoriser, par le biais de colloques, les échanges entre professionnels de la santé et anthropologues médicaux et autres chercheurs en sciences humaines. L’onglet Publications permet non seulement d’accéder à un bon de commande pour les bulletins d’AMADES, mais aussi aux diverses présentations des colloques ayant eu lieu dans le domaine depuis le début des années 1990 ainsi qu’à celles de nombre de thèses, d’ouvrages, etc. Le site contient la liste des ouvrages écrits par les membres d’AMADES ainsi que plusieurs bibliographies thématiques et une liste de textes en ligne. Véritable réussite sur le plan de la rencontre entre soins de santé et sciences humaines, la consultation de ce site est à recommander aussi bien aux non-initiés qu’aux professionnels qui trouveront entre autres des informations sur des groupes de recherches et un lieu de débat virtuel.

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Mise à jour le 8 mai 2006